R.E.M. est un groupe de rock américain formé en 1980 par Michael Stipe (chant), Peter Buck (guitare), Mike Mills (basse) et Bill Berry (batterie). REM signifie : "Rapid Eyes Mouvment" (sommeil paradoxal en anglais) R.E.M. fut l'un des premiers groupes de rock alternatif populaires, attirant très tôt l'attention grâce à la guitare carillonante et jouée en arpèges de Buck et les paroles énigmatiques de Stipe. R.E.M. sort son premier single "Radio Free Europe", en 1981 sur le label indépendant Hib-Tone. Ce single fut suivi du EP Chronic Town en 1982, la première réalisation du groupe pour le label I.R.S. Records. En 1983, le groupe sort son premier album encensé par la critique Murmur, et bâti sa réputation durant les années suivantes à travers plusieurs albums, des tournées incessantes et le soutien des radios étudiantes. Après plusieurs années de succès "underground", R.E.M. touche le grand public avec le hit "The One I Love". Le groupe signe alors avec Warner Bros. Records en 1988, et commence à s'engager sur le plan politique et environnemental, tout en se produisant dans des salles de plus en plus importantes dans le monde entier.
Au début des années 1990, quand le rock alternatif commence à connaître un plus large succès, R.E.M. est perçu comme un groupe pionnier du genre et publie alors ses deux plus gros succès commerciaux en albums : Out of Time (1991) et Automatic for the People (1992), qui se démarquent du son originel du groupe. En 1994, l'album Monster marque un retour à un son rock. Le groupe entame sa première tournée en six ans pour promouvoir l'album. Cette tournée fut marquée par plusieurs urgences médicales pour trois des membres du groupe. En 1997, R.E.M. prolonge son contrat avec Warner Bros. pour 80 millions de dollars, le plus gros contrat de l'industrie du disque à l'époque. L'année suivante, Bill Berry se sépare du groupe à l'amiable et Buck, Mills, et Stipe poursuivent en trio. Avec quelques changements sur le plan musical, le groupe continue sa carrière durant la décade suivante avec des critiques mitigées et un certain succès commercial. En 2007, le groupe est intronisé dans le Rock and Roll Hall of Fame.
En janvier 1980, Michael Stipe rencontre Peter Buck dans un magasin de disques d'Athens où travaille Buck. Tous deux découvrent qu'ils partagent des goûts similaires en musique, particulièrement le punk rock et les artistes protopunk comme Patti Smith, Television et The Velvet Underground. Stipe a déclaré : "Il s'est avéré que j'achetais tous les disques que Buck se mettait de côté" Stipe et Buck rencontrent peu après deux étudiants de l'Université de Géorgie, Mike Mills et Bill Berry, qui jouaient de la musique ensemble depuis le lycée. Le quartet décide de collaborer sur quelques chansons ; Stipe déclara plus tard qu'"il n'y avait pas de grand plan derrière tout ça" Le groupe, sans nom jusque là, passe plusieurs mois à répéter et donne son premier concert le 5 Avril 1980 lors de la fête anniversaire d'un ami qui se tient dans une ancienne église épiscopal. Après avoir envisagé des noms comme "Twisted Kites", "Cans of Piss" et "Negro Wives", le groupe se fixe sur "R.E.M." que Stipe choisît au hasard dans un dictionnaire.
Les membres du groupes abandonnent alors l'école pour se concentrer sur l'avenir du groupe. Il trouve un manager en la personne de Jefferson Holt, un disquaire qui avait été si impressionné par leur concert dans sa ville de Chapel Hill, Caroline du Nord, qu'il déménagea à Athens. Le succès de R.E.M. est quasiment immédiat à Athens et dans les régions voisines. Le groupe attire des foules de plus en plus importantes à ses concerts, ce qui provoquent quelques ressentiments à l'intérieur de la scène musicale d'Athens. Dans l'année et demie qui suit, R.E.M. tourne à travers tout le Sud des Etats-Unis. Tourner n'était pas simple puisqu'aucun circuit n'existait alors pour les groupes de rock alternatifs. Le groupe devait circuler dans un vieux van bleu conduit par Holt, et les membres du groupe devait survivre avec 2$ par jour pour la nourriture. A propos du van, une amie du groupe, Jane Pratt a précisé : "Il n'y avait pas de siège derrière et il mettait tout leur équipement. Quand il pouvait trouver un hôtel, trois d'entre eux occupait une chambre et deux allaient dans une autre, mais ils devaient constamment se relayer pour qu'une personne dorme dans le van." "Quand vous vivez dans un van ensemble pendant cinq ans, vous devenez "vraiment" très proches", ironisait Berry.
"C'était tout ou rien chaque soir" se rappelle Stipe en 1998. "C'était tout ou rien à chaque chanson. Chaque fois que tu ouvrais la bouche, ça devait être tout ce que tu pouvais donner". Berry ajoute : "Nous n'essayions pas vraiment de devenir important ou largement populaires, mais nous voulions avoir du plaisir et peut-être ne pas avoir de regrets plus tard dans nos vies."
Pendant l'été 1981, R.E.M. enregistre son premier single "Radio Free Europe" dans le studio du producteur Mitch Easter (Drive-In Studios) à Winston-Salem, Caroline du Nord. Le single sort sur le label indépendant local "Hib-Tone"" avec un pressage initial de cent exemplaires, qui sont très vite épuisés. Malgré son tirage limité, le single reçoit de très bonnes critiques ; il est cité parmi les dix meilleurs singles de l'année par le The New York Times, et le Village Voice le nomme Single de l'année dans son sondage des critiques de "Pazz & Jop" de 1981.
R.E.M. enregistre le EP Chronic Town avec Mitch Easter en Octobre 1981, la deuxième réalisation du groupe prévu pour le label Hib-Tone. Cependant, une démo de la première session d'enregistrement avec Easter circulait déjà depuis des mois et I.R.S. Records en eût une copie. Le groupe refuse les propositions du label RCA Records en faveur d'I.R.S., avec qui ils signent un contrat en Mai 1982. I.R.S. sort Chronic Town en août de cette même année comme étant sa première réalisation américaine. Une chronique positive du EP paraît dans le NME, dans laquelle est louée l'aura de mystère des chansons et qui se termine par "R.E.M. sonne juste et c'est agréable d'entendre quelque chose qui sonne si naturel et si futé que ça"
Initialement, I.R.S. associe R.E.M. avec le producteur Stephen Hague pour enregistrer le premier album. L'insistance de Hague sur la perfection technique ne satisfait pas le groupe et les membres du groupe demande à leur label de les laisser enregistrer avec Easter. I.R.S. accepte une session d'essai, autorisant le groupe à retourner en Caroline du Nord et enregistre la chanson "Pilgrimage" avec Easter et son partenaire Don Dixon. Après avoir entendu la chanson, I.R.S. permet au groupe d'enregistrer l'album avec Dixon et Easter. A cause de la mauvaise expérience avec Hague, le groupe enregistre l'album dans un contexte de négation, refusant d'incorporer les clichés de la musique rock tels que les soli de guitare ou les synthétiseurs, alors très populaires, de manière à donner une impression intemporelle à leur musique. L'album qui ressort de ces sessions, Murmur, est chaleureusement accueilli par la critique dès sa sortie en 1983, le magazine américain Rolling Stone en faisant son album de l'année. L'album atteint la 36ème place du classement des albums du magazine Billboard. Une nouvelle version de "Radio Free Europe" devient le premier single tiré de l'album et se classe à la 78ème place du classement des singles du même magazine en 1983. Malgré les louanges célébrant l'album, Murmur ne se vend qu'à 200,000 exemplaires, ce qui était moins que ce qu'espérait Jay Boberg d'I.R.S.
R.E.M. fait sa première apparition à la télévision nationale dans l'émission Late Night with David Letterman en octobre 1983, pendant laquelle le groupe joue une nouvelle chanson alors sans titre. Ce morceau, en fait intitulé "So. Central Rain (I'm Sorry)", devient le premier single du deuxième album du groupe Reckoning (1984), également enregistré avec Easter et Dixon. L'album rencontre le même succès critique : Mat Snow du NME écrit que Reckoning "confirme R.E.M. comme l'un des plus merveilleux et excitants groupes de la planète". A la fin de l'année 1983, le groupe démarre sa première tournée en Europe. Alors que Reckoning atteint la 27ème place des classements d'albums américains - une place inhabituellement élevé pour un groupe de college rock à cette époque - les rares diffusions et la pauvre distribution hors des États-Unis conduit l'album à ne pas dépasser la 91ème place en Grande-Bretagne.
Le troisième album du groupe, Fables of the Reconstruction (1985), montre un changement de direction. A la place de Dixon et Easter, R.E.M. choisit le producteur Joe Boyd, qui a travaillé avec Fairport Convention et Nick Drake, pour enregistrer l'album en Angleterre. Les membres du groupes trouvent les sessions étonnamment difficiles et sont désolés par la météo froide et hivernale ainsi que par la pauvre nourriture. La situation amène le groupe au bord de la séparation. L'environnement sombre des sessions finit par donner le ton à l'album lui-même. Au niveau des textes, Stipe commence à raconter des histoires dans la tradition de la mythologie sudiste, indiquant dans une interview en 1985 qu'il était inspiré par "l'idée d'un vieil homme assis près du feu et transmettant... des légendes et des fables à ses petits-enfants". Fables of the Reconstruction devient la plus grosse vente du label I.R.S. jusqu'alors en Amérique. Cependant, l'album se vend peu en Europe et son accueil critique est mitigé, certains le considérant comme triste et mal enregistré. Comme pour les albums précédents, les singles extraits de l'album sont largement ignorés par les grandes radios. Parallèlement, I.R.S. commence à être frustré par la réticence du groupe à rencontrer un plus grand succès.
Pour son quatrième album, R.E.M. engage le producteur de John Mellencamp, Don Gehman. Le résultat, Lifes Rich Pageant (1986), est plus accessible aux auditeurs autres que ceux des college radios, avec les paroles de Stipe mises plus en avant. Dans une interview de 1986 au Chicago Tribune, Peter Buck raconte : "Michael devient meilleur dans ce qu'il fait, et il a plus confiance en lui. Et je pense que ça se voit dans la projection de sa voix." L'album se vend nettement plus que Fables of the Reconstruction et atteint la 21ème place du classement des ventes d'albums du Billboard. Le single "Fall on Me" obtient aussi le support des radios commerciales. C'est le premier album du groupe à être certifié disque d'or aux Etats-Unis pour s'être vendu à 500 000 exemplaires. Bien que les radios étudiantes américaines demeurent le principal soutien de R.E.M., le groupe commence à placer des hits dans les classements plus populaires ; néanmoins, leur musique rencontre toujours des résistances auprès des radios du Top 40. Suite au succès de Lifes Rich Pageant, I.R.S. sort Dead Letter Office, une compilation de titres enregistrés par le groupe pendant des sessions d'enregistrement des albums, certains ayant déjà été sortis en face-B, d'autres complètement inédits. Peu après, I.R.S. compile les clips vidéos de R.E.M. (sauf "Wolves, Lower") pour la première réalisation vidéo du groupe : Succumbs.
Don Gehman était incapable de produire le cinquième album de R.E.M. mais suggère au groupe de travailler avec Scott Litt. Litt deviendra le producteur des cinq albums suivants du groupe. Document (1987) contient les textes les plus ouvertement politiques de Stipe, en particulier "Welcome To the Occupation" et "Exhuming McCarthy", qui sont des réactions à l'environnement politique conservateur des années 1980 sous la présidence de Ronald Reagan. Jon Pareles du The New York Times écrit dans sa chronique de l'album : "Document est à la fois rassurant et provocateur ; si R.E.M. s'apprête à évoluer du statut de groupe culte à celui de groupe populaire, l'album décrète que le groupe le fera à sa manière." Document est l'album qui permet la percée de R.E.M et le premier single "The One I Love" se classe parmi les 20 premiers aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et au Canada. En janvier 1988, Document devient le premier album du groupe à se vendre à plus d'un million d'exmplaires. Preuve de la percée du groupe, la couverture de Rolling Stone de décembre 1987 déclare R.E.M. "meilleur groupe de rock'n'roll américain".
Frustré que ses albums soient mal distribués en dehors des Etats-Unis, R.E.M. quitte I.R.S. quand son contrat vient à terme et signe avec la major Warner Bros. Records. En 1988, I.R.S. sort la compilation Eponymous, qui inclut la plupart des singles du groupe et quelques raretés. Le premier album pour Warner, Green (1988), est enregistré à Nashville, Tennessee et montre le groupe expérimentant avec les sons. Les titres sont variés : du premier single enjoué "Stand" (un gros tube aux Etats-Unis), aux plus politiques, le très rock "Orange Crush" ou, plus calme, "World Leader Pretend", évoquant la Guerre du Viet-Nam pour la première et la Guerre froide pour la seconde. Green s'est vendu à quatre millions d'exemplaires dans le monde. Pour promouvoir l'album, le groupe se lance dans sa plus grosse et sa plus sophistiquée tournée jusqu'alors, incluant des projections de diapositives et de films sur scène. A la fin de la tournée Green, les membres du groupe décident de manière non-officielle de prendre une année sabbatique, le premier long break dans la carrière du groupe.
R.E.M. se retrouve au milieu de l'année 1990 pour enregistrer son septième album, Out of Time. Contrairement aux albums précédents, le groupe compose la plupart des musiques sur des instruments peu conformes à l'instrumentation rock classique : mandoline, orgue, et guitare acoustique. Sorti en mars 1991, Out of Time est le premier album du groupe à se hisser au sommet des classements américains et anglais. Le disque se vend à 4,2 millions d'exemplaires rien qu'aux Etats-Unis, et près de 12 millions dans le monde à la date de 1996. Le premier single "Losing My Religion" devient un tube mondial qui passe énormément sur les ondes, de même que le clip vidéo sur MTV ou M6 et au Top 50 en France. "Losing My Religion" reste la meilleure vente de single de R.E.M. aux Etats-Unis, se classant n°4 dans le classement du Billboard. "Il y a eu peu de changement dans notre manière de vivre au cours de notre carrière parce que celle-ci a été très progressive", déclara Mills quelques années après. "Si vous voulez parler de changement de vie, je pense que 'Losing My Religion' a été ce qui s'en est approché le plus". Le second single de l'album, "Shiny Happy People" (une des trois chansons sur lesquelles figure Kate Pierson du groupe d'Athens The B-52's au chant), fut aussi un gros tube, atteignant la dixième place aux Etats-Unis et la sixième au Royaume-Uni. Out of Time offre à R.E.M. sept nominations lors des Grammy Awards de 1992, le plus grand nombre de nominations pour un seul artiste cette année là. Le groupe en remporte trois : un pour le "Meilleur album de musique alternative" et deux pour "Losing My Religion", "Meilleur clip vidéo" et "Meilleure performance pop par un duo ou un groupe avec chant". R.E.M. ne tourne pas pour promouvoir Out of Time; à la place, ils jouent quelques concerts ponctuels, y compris un show acoustique pour la série MTV Unplugged.
Après plusieurs mois de pause, R.E.M. retourne en studio en 1991 pour enregistrer l'album suivant. Fin 1992, le groupe publie Automatic for the People. Bien qu'à l'origine le groupe envisageait de faire un album plus rock que le doux Out of Time, le sombre Automatic for the People "semble aller vers une encore plus tortueuse introspection", d'après le Melody Maker. L'album évoque les thèmes de la mort et du deuil inspiré par "ce sentiment de... devenir trentenaire", selon Buck. Plusieurs chansons contiennent des arrangements de cordes écrits par le bassiste de Led Zeppelin John Paul Jones. Considéré par de nombreux critiques (ainsi que par Buck et Mills) comme le meilleur album du groupe, Automatic for the People se classe n°1 au Royaume-Uni et n°2 aux Etats-Unis. Il donne trois nouveaux tubes dans le top 40 américain : "Drive", "Man on the Moon" et "Everybody Hurts". L'album s'est vendu à près de dix millions d'exemplaires dans le monde. Comme pour Out of Time, il n'y a pas de tournée pour promouvoir l'album. La décision de ne pas tourner et l'aspect physique de Stipe génèra alors des rumeurs selon lesquelles le chanteur allait mourir, qui furent démenties avec véhémence par le groupe.
Après avoir publié deux albums calmes de suite, l'album de 1994, Monster est, comme Buck le décrit alors, "un disque 'rock', avec le rock entre guillemets". Contrairement au son de ses prédécesseurs, la musique de Monster est basée sur des guitares distordues, un minimum d'overdubs et des touches de glam rock des années 70. Comme Out of Time, Monster se hisse au sommet des classement de cente d'albums aux Etats-Unis et au Royaume-Unis. Le disque se vend à près de neuf millions d'exemplaires dans le monde. Les singles "What's the Frequency, Kenneth?" et "Bang and Blame" sont les derniers hits du groupe à entrer dans le Top 40 américains, alors que tous les singles tirés de Monster- y compris "Crush With Eyeliner" et "Tongue" sortis seulement au Royaume-Uni- se placent dans le Top 30 britanique.
En janvier 1995, R.E.M. entame sa première tournée depuis six ans. La tournée fut un gros succès commercial, mais les temps étaient difficiles pour le groupe. Le 1er mars, Berry s'éffondre sur scène pendant un concert à Lausanne. Il aurait été touché par un anévrisme cérébral. Opéré immédiatement, il est rétabli au bout d'un mois. L'anévrisme de Berry n'était que le début des problèmes de santé qu'allaient connaître les membres du groupe pendant le Monster Tour. Mills dût subir une opération chirurgical pour une occlusion intestinale en juillet. Un mois plus tard, Stipe est également opéré en urgence pour une hernie. Malgré tous ces problèmes, le groupe a pu enregistrer les bases d'un nouvel album pendant la tournée. Le groupe avait emmené des enregisteurs huit pistes pour capter ces concerts et utiliser les enregistrement comme éléments de base de l'album. Une fois la tournée achevée, le groupe retourne en studio et enregistre le reste de l'album.
R.E.M. re-signe avec Warner Bros. Records en 1996 pour une somme annoncée de 80 millions de dollars, le plus gros contrat de l'industrie musicale à l'époque. L'album de 1996, New Adventures in Hi-Fi commence par se classer n°2 aux Etats-Unis et n°1 au Royaume-Uni. Les cinq millions d'exemplaires vendus dans le monde montre que la tendance du succès commercial du groupe est en train de s'inverser par rapport aux années précédentes. Christopher John Farley du Time soutient que les faibles ventes de l'album sont dues à la mauvaise qualité de l'enregistrement et au déclin commercial du rock alternatif en général . La même année, R.E.M. se sépare de son manager Jefferson Holt, suite aux plaintes de harcèlement sexuel déposées à son encontre par une personne travaillant au siège du groupe à Athens. L'avocat du groupe, Bertis Downs, prend alors à son compte les fonctions de manager.
En avril 1997, le groupe se retrouve dans la maison de vacances de Buck à Kauai, Hawaii pour enregistrer les démos des chansons du prochain album. Le groupe cherche à réinventer son son et à intégrer des boucles de batterie et des expérimentations pour les percussions. Alors que les sessions allaient débuter en octobre, Berry décide, après des mois d'observations et de discussion avec Downs et Mills, d'annoncer aux autres membres du groupe qu'il les quitte. Berry leur dit qu'il ne partira pas si cela conduit à la fin du groupe, du coup, Stipe, Mills, et Buck accepte de continuer en trio avec sa bénédiction. L'annonce public du départ de Berry a lieu trois semaines après en octobre 1997. Berry déclare alors à la presse : "Je ne suis plus aussi enthousiaste qu'auparavant pour faire ça plus longtemps... J'ai le plus beau métier du monde. Mais je suis prêt à me poser et réfléchir, et peut-être ne plus être une pop-star." Stipe reconnaît que le groupe sera différent sans un de ses contributeurs majeurs : "Pour moi, Mike et Peter, en tant que R.E.M., sommes-nous encore R.E.M.? Je pense qu'un chien à trois pattes reste un chien. Il doit juste apprendre à courir différemment."
Le groupe abandonne les sessions d'enregistrement prévues, suite au départ de Berry. "Sans Bill, c'était différent, perturbant", déclara Mills plus tard. "Nous ne savions pas exactement quoi faire. Nous ne pouvions pas répéter sans un batteur." Les membres restants reprennent le travail sur l'album en février 1998 aux Toast Studios de San Francisco. Le groupe met alors fin à dix ans de collaboration avec Scott Litt et choisissent Pat McCarthy pour produire l'album. Nigel Godrich est pris en tant que prodcuteur assistant et amène avec lui l'ex-membre des Screaming Trees Barrett Martin et le batteur de tournée de Beck Joey Waronker. Les sessions sont tendues et le groupe est proche de la séparation. Bertis Downs décide d'une réunion d'urgence où le groupe résoud ses problèmes et décide de continuer. Emmené par le single "Daysleeper", Up (1998) commence par se classer dans le Top 10 aux Etats-Unis et au Royaume-Uni. Cependant, l'album est un échec relatif, vendu à 900 000 aux Etats-Unis au milieu de l'année 1999 et à peine plus de 2 millions d'exemplaires dans le monde. Alors que les ventes américaines de R.E.M. déclinent, la base commerciale du groupe se déplace au Royaume-Uni, où le nombre d'albums de R.E.M. vendu par habitant est le plus élevé que dans n'importe quel autre pays et où les singles se classent régulièrement dans le Top 20.
Un an après la sortie de Up, R.E.M. compose la musique du film retraçant la vie d'Andy Kaufman Man on the Moon, une première pour le groupe. Le titre du film est tiré de la chanson du même nom qui figure sur l'album Automatic for the People. La chanson "The Great Beyond" parue en single est extraite de l'album de la bande originale du film. Elle se classe 57ème en Amérique, mais obtient le meilleur classement jamais atteint par un single de R.E.M. au Royaume-Uni : n°3 en 2000.
R.E.M. enregistre la majorité de son douzième album Reveal (2001) au Canada et en Irlande de mai à octobre 2000. Reveal révèle le même "rythme lugubre" que Up, et comporte la participation de Joey Waronker à la batterie, des contributions de Scott McCaughey (un co-fondateur du groupe The Minus 5 avec Buck) et du membre fondateur des Posies Ken Stringfellow aux claviers. Les ventes globales de l'album sont estimées à quatre millions d'exemplaires, mais aux Etats-Unis Reveal se vend dans les mêmes proportions que Up. Le premier single extrait de l'album "Imitation of Life," se classe n°6 au Royaume-Uni. Dans Rock's Backpages, Le Révérend Al Friston décrit l'album comme "chargé de beautés dorées dans tous ses tours et détours", par rapport au "travail guère convaincant" du groupe sur New Adventures in Hi-Fi et Up." De même, Rob Sheffield de Rolling Stone qualifie Reveal de "renouveau spirituel ancré dans un renouveau musical" et loue son "étonnante et perpétuelle beauté".
En 2003, Warner Bros. sort la compilation In Time: The Best of R.E.M. 1988-2003, qui contient deux inédits "Bad Day" and "Animal". Cette même année, Berry fait une apparition surprise au cours d'un concert de R.E.M. à Raleigh, Caroline du Nord, chantant les choeurs sur "Radio Free Europe". Il prend ensuite place derrière la batterie pour jouer sur l'une des toutes premières chansons du groupe "Permanent Vacation". C'est sa première apparition avec le groupe depuis leur séparation.
R.E.M. sort Around The Sun en 2004. Pendant la production de l'album en 2002, Stipe déclare : "L'album sonne comme s'il s'éloignait des deux précédents, vers des contrées inexplorées par R.E.M. Plutôt primitif et hurlant". Après la sortie de l'album, Mills concède : "Je pense, honnêtement, qu'il s'est finalement avéré plus lent que prévu pour ce qui concerne la vitesse des chansons." Around the Sun reçoit un accueil critique mitigé et se classe 13ème dans le classement du Billboard. Le premier single de l'album, "Leaving New York", devient un hit (classé n°5) au Royaume-uni. Pour le disque et la tournée qui s'en suit, le groupe engage un batteur à temps plein, Bill Rieflin, qui était auparavant membre de Ministry. Fin 2004 R.E.M. tourne avec Bruce Springsteen, Pearl Jam, Bright Eyes et d'autres lors de la tournée "Vote for Change". Au cours de 2005, le groupe se lance dans sa première tournée mondiale depuis le "Monster Tour" dix ans plus tôt. Pendant cette tournée, R.E.M. participe au concert du Live 8 à Londres.
EMI, qui détient les droits du catalogue I.R.S., sort une compilation des premières années du groupes sur ce label, en septembre 2006, intitulée And I Feel Fine... The Best Of The I.R.S. Years 1982-1987. Le DVD When the Light Is Mine qui contient des vidéos de la même époque sort simultanément. Le même mois, les quatre membres originels du groupe jouent ensemble au cours de leur cérémonie d'intronisation au Georgia Music Hall of Fame. Pendant les répétitions en vue de la cérémonie, le groupe enregistre une reprise de la chanson de John Lennon "Number 9 Dream" figurant sur l'album caritatif au profit d' Amnesty International, Instant Karma: The Amnesty International Campaign to Save Darfur. La chanson, parue en single, contient la première participation de Bill Berry à un enregistrement studio du groupe depuis son départ. En octobre 2006, R.E.M. est nominé pour entrer au Rock and Roll Hall of Fame dans sa première année d'éligibilité. Le groupe est l'un des cinq nominés qui accède au Hall cette année-là, et la cérémonie a lieu le 12 mars 2007, au Waldorf-Astoria Hotel de New York. Le groupe, qui est intronisé par le chanteur du groupe Pearl Jam Eddie Vedder, joue quatre morceaux ce soir là avec Bill Berry.
Le travail pour le quatorzième album du groupe, Accelerate, débute début 2007. Le groupe enregistre avec le producteur Jacknife Lee à Vancouver et Dublin, où il se produit cinq soirées à l'Olympia Theatre du 30 juin au 5 juillet pour des "working rehearsal" ("répétitions de travail"). Stipe déclare à propos de ces dates : "Retourner à Dublin pour nos répétitions live cet été nous a offert le départ idéal pour notre prochain album" et qu'il "entend prendre une longueur d'avance". R.E.M. Live, le premier album live du groupe (comprenant des chansons d'un concert à Dublin en 2005), sorti en octobre 2007.
REM: LOSING MY RELIGION